Des élèves de 4ème au coeur de la Révolution française

Maître Peigné a vécu « 1790-1792 : l’échec d’une monarchie parlementaire »

faubourg Saint-Antoine (Paris), le 10 août 1792 au matin

Ah le traître ! Ah le fichu traître ! Voilà trois ans qu’il tente de nous rouler dans la farine. De qui je parle ? Mais du « Boulanger », bien sûr. Louis XVI en personne. « Roi des Français » qu’on l’appelle depuis la Constitution de 1791. Voyez ce qu’il en fait de son peuple : il le livre aux Autrichiens et aux Prussiens. Quelle horreur lorsque l’autre semaine, j’ai découvert sur les murs de la capitale l’horrible message du Duc de Brunswick, chef des armées prussiennes. Selon lui, le roi serait comme qui dirait « prisonnier de son peuple ». Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Louis XVI, prisonnier d’un peuple qui ne l’a pas puni quand il a tenté de s’enfuir et qu’il a été arrêté à Varennes en juin 1791 ? Mais on croit rêver ! Mais c’est nous qui sommes prisonniers de ce roi. C’est nous qui devons nous libérer de la tyrannie !

Je le savais, je m’en doutais. Trois ans qu’il se payait notre tête à nous faire croire que nous étions unis et à nous diviser par derrière. Aujourd’hui, ils font moins les malins ceux qui s’embrassaient le 14 juillet 1790 sur le Champ de Mars, lors de la Fête de la Fédération ! Nous autres, ça faisait belle lurette qu’on n’y croyait pas à cette monarchie parlementaire. Un pays qui déclare les droits de l’homme et qui empêche la moitié de ses citoyens de voter, en mettant un  suffrage censitaire. Un beau marquis qui se dit l’ami des Français (et des Américains) et qui fait tirer sur la foule dès qu’elle réclame juste le droit de vote. Un roi qu’est censé appliquer les décisions de l’assemblée et qui sort son droit de veto à tout-va pour empêcher que les règles de ce fichu pays changent en notre faveur. Si c’était pas des signes qu’on allait déguster !

Je ne m’étais pas trompé quand, sur les conseils de mes amis du club des Cordeliers, j’avais fait imprimer l

Louis XVI représenté sous l'apparence du roi antique à deux têtes, Janus

a caricature de Louis XVI en roi Janus. Que je te caresse l’Assemblée dans le sens du poil d’un côté et que j’te caresse les Réfractaires et les Emigrés de l’autre ! Je ne sais pas si c’est son Autrichienne, Marie-Antoinette, qui lui a fait tourner la tête comme ça, mais cela ne peut plus durer !

Déjà la colère gronde parmi le petit peuple, les Sans-Culottes qu’ils s’appellent entre eux ! Et parmi ces gars-là (et même ces filles), j’peux vous dire qu’il n’y a pas que des tendres. J’ai beau pas être un violent, j’irais bien lui caresser les côtes au gros Louis et lui souffler un coup dans les bronches. Mon ami Marat, dans son journal l’Ami du Peuple, a appelé les citoyens à se rendre aux Tuileries pour montrer notre mécontentement. Si Henri ne traîne pas trop et garde la boutique, je crois bien que je vais me joindre à eux.

à bientôt,

Maître Peigné

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