Des élèves de 4ème au coeur de la Révolution française

Maître Peigné a vécu « 1792-1794 : la Ière République et la Terreur »

La mort de Marat, par JL David (1793)

Mercredi 17 juillet 1793, faubourg Saint-Antoine (Paris)

Le soleil brille dans tout Paris et pourtant mon cœur est bien sombre en cette journée de juillet. Hier, j’ai suivi l’immense cortège qui accompagnait le corps de Marat jusqu’à sa dernière demeure, à l’ancien couvent des Cordeliers. Nous étions des dizaines de milliers de citoyens à dire adieu à celui qui nous défendait si bien dans son journal l’Ami du Peuple. Mon collègue, mon ami, Jean-Paul Marat, cette traîtresse de Charlotte Corday l’a sauvagement assassiné alors qu’il prenait un bain pour soigner l’horrible maladie de peau qui le rongeait ces derniers mois. Une noble, une amie des Girondins !

À qui peut-on faire confiance de nos jours ? Ces Girondins que l’on croyait défendre la République, ils l’ont mise en danger en n’acceptant pas les seules mesures qui la sauveraient : semer la Terreur parmi tous les ennemis de la Nation. Certains vont me dire que je deviens violent, mais peut-il en être autrement quand on voit comme la Révolution est menacée ? Le roi a été sanctionné comme il le méritait, or les révoltes des Chouans se multiplient dans l’ouest du pays. Tous les pays d’Europe nous font la guerre. Que craignent-ils ? Que leurs peuples aussi veuillent goûter à la liberté ?

Heureusement qu’il y avait des hommes comme Marat pour défendre la République : il avait vu juste en réclamant l’arrestation des traîtres qui menacent le pays. J’espère et j’exige en mémoire de ce grand homme que les Montagnards qui dominent l’Assemblée poursuivent sa politique. Les tribunaux révolutionnaires doivent travailler à arrêter les ennemis de la France, pas les amis de la République. Au nom du peuple français, ils doivent venger Marat ! Allez Danton ! Allez Robespierre ! Faites chauffer la guillotine !

Je retourne de ce pas à mon imprimerie pour rédiger un texte en l’honneur de notre frère, Marat. J’ai appris que son ami, le peintre et député Jacques-Louis David lui consacrait une de ses œuvres. Aux grands hommes la patrie doit être reconnaissante …

Mes amitiés révolutionnaires,

Maître Peigné

PS : Je soupçonne mon ouvrier Henri de ne pas être un si bon républicain que cela. Hier je l’ai vu quitter les obsèques de Marat pour compter fleurette à une blondinette pas bien farouche. J’irais bien en toucher un mot au Comité de Surveillance Révolutionnaire du quartier … Mais que deviendrait la boutique ? J’ai pas passé cinq ans à le former (et croyez-moi, c’était pas gagné …) pour rien, quand même !

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